Ces 10 explorateurs européens qui ont redessiné la carte de l'Afrique

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- Author, Mamadou Faye
- Role, BBC News Afrique
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- Temps de lecture: 15 min
Du Niger au Congo, du Sahara aux Grands Lacs, ces dix explorateurs européens ont parcouru des milliers de kilomètres à travers l'Afrique entre la fin du XVIIIᵉ et le XIXᵉ siècle. Leurs expéditions ont permis de cartographier des régions encore peu connues des Européens, de mieux comprendre les grands fleuves et les royaumes africains.
Ces travaux ont permis d'enrichir les connaissances scientifiques de leur époque, mais ils ont aussi accompagné les ambitions politiques, commerciales et coloniales des puissances européennes.
Nous revenons sur le parcours de dix figures qui ont profondément marqué l'histoire de l'exploration du continent africain.
1. David Livingstone (1813-1873)

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Né le 19 mars 1813 à Blantyre (Écosse), David Livingstone est un missionnaire, médecin, explorateur et géographe écossais. Envoyé en Afrique par la London Missionary Society pour développer les missions chrétiennes en Afrique australe, il débarque au Cap (Afrique du Sud) le 14 mars 1841, à l'âge de 27 ans. Ses expéditions seront ensuite soutenues par le gouvernement britannique et la Royal Geographical Society. Il rejoint le continent à bord du HMS Frolic.
De 1841 à 1852, il fonde plusieurs missions chrétiennes dans l'actuel Botswana. Entre 1853 et 1856, il réalise la première traversée documentée de l'Afrique australe d'ouest en est, parcourant l'Angola, la Zambie, le Zimbabwe et le Mozambique. Cette expédition lui permet de cartographier des régions encore peu connues des Européens, d'explorer de nouvelles voies de navigation et de lutter contre la traite des esclaves.
De 1858 à 1864, il dirige l'expédition du Zambèze à bord du bateau à vapeur Ma-Robert. Il découvre les chutes Victoria en 1855 et contribue à la connaissance européenne des lacs Nyassa et Tanganyika. Sa dernière expédition, menée de 1866 à 1873 à la recherche des sources du Nil, est marquée par sa célèbre rencontre avec Henry Morton Stanley à Ujiji, en Tanzanie, en 1871 : "Docteur Livingstone, je présume ?"
Premier Européen à traverser l'Afrique australe d'un océan à l'autre, soit près de 10 000 kilomètres dans des conditions extrêmes, Livingstone demeure l'une des figures majeures de l'exploration du continent. Après 32 ans passés en Afrique, il meurt le 1er mai 1873 à Chitambo, dans l'actuelle Zambie, à l'âge de 60 ans, épuisé par les maladies et les privations.
Il a parcouru l'Afrique australe pendant plus de trente ans et révélé les chutes Victoria au monde européen. Son combat contre la traite des esclaves a renforcé sa renommée, mais ses explorations ont également favorisé l'expansion coloniale britannique.
2. Henry Morton Stanley (1841-1904)

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Né John Rowlands au pays de Galles en 1841 dans des conditions difficiles, Henry Morton Stanley émigre jeune aux États-Unis, où il devient journaliste au New York Herald et adopte la nationalité américaine. Arrivé en Afrique en 1867, il devient l'une des figures majeures de l'exploration européenne du continent au XIXᵉ siècle.
En 1869, son journal lui confie la mission de retrouver David Livingstone, disparu depuis plusieurs années. Après une longue traversée de l'Afrique orientale, il retrouve l'explorateur écossais à Ujiji, près du lac Tanganyika (actuelle Tanzanie), en 1871. Cette rencontre donnera naissance à la célèbre phrase : "Docteur Livingstone, je présume ?"
Entre 1874 et 1877, Stanley mène une expédition majeure à travers le bassin du Congo, utilisant des navires fluviaux, des pirogues et des caravanes. Il cartographie le fleuve Congo, explore les lacs Victoria et Tanganyika et apporte aux Européens d'importantes connaissances géographiques sur une région encore largement méconnue. Il raconte ses aventures dans plusieurs ouvrages, dont Through the Dark Continent et In Darkest Africa.
À partir de 1879, il travaille pour le roi Léopold II de Belgique et participe à l'établissement des infrastructures et des accords qui favorisent la création de l'État indépendant du Congo. Si ses exploits d'explorateur sont reconnus, son rôle dans ce processus est aussi critiqué par de nombreux historiens, qui l'associent aux débuts de l'entreprise coloniale belge et aux violences commises au Congo.
Après environ quinze années passées en Afrique, Stanley s'installe au Royaume-Uni. Élu député de 1895 à 1900 et anobli en 1899, il meurt à Londres en 1904, à l'âge de 63 ans.
Après avoir retrouvé David Livingstone, Stanley a cartographié le bassin du Congo. Ses expéditions ont facilité la prise de contrôle du Congo par le roi Léopold II, avec des conséquences humaines dramatiques.
3. Mungo Park (1771-1806)

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Né en 1771 en Écosse, Mungo Park est un médecin et explorateur formé à l'université d'Édimbourg. Après avoir exercé comme chirurgien de bord, il est choisi en 1795 par l'African Association pour explorer l'intérieur de l'Afrique de l'Ouest et étudier le cours du fleuve Niger.
La même année, il arrive en Gambie et remonte le fleuve Gambie avant de traverser les territoires de l'actuel Mali. En 1796, il devient le premier Européen connu à observer et à décrire le fleuve Niger près de Ségou. Malgré les maladies, une captivité de plusieurs mois et de nombreuses épreuves, il regagne la Grande-Bretagne en 1797.
En 1799, il publie Travels in the Interior of Africa, un ouvrage qui connaît un grand succès. Son récit offre une description détaillée des paysages, des peuples et des échanges commerciaux d'Afrique de l'Ouest. Il contribue également à améliorer les connaissances européennes sur le Niger, même si son objectif d'en découvrir l'embouchure reste inachevé.
En 1805, Mungo Park dirige une seconde expédition, financée par le Gouvernement britannique. À bord du Joliba, il entreprend de descendre le Niger, mais son équipe est rapidement décimée par les maladies tropicales. Il trouve la mort en 1806 près des rapides de Bussa, dans l'actuel Nigéria, lors d'un affrontement suivi d'une noyade.
Par ses voyages et ses écrits, Mungo Park a profondément enrichi la connaissance européenne de l'Afrique de l'Ouest et ouvert la voie aux explorations qui suivront.
Premier Européen connu à décrire avec précision le cours du fleuve Niger, Mungo Park a marqué l'histoire de l'exploration de l'Afrique de l'Ouest, même si sa quête des sources et de l'embouchure du fleuve est restée inachevée.
4. René Caillié (1799-1838)

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Né en 1799 à Mauzé-sur-le-Mignon, dans le département des Deux-Sèvres, en France, René Caillié est un explorateur français connu pour avoir été le premier Européen à atteindre Tombouctou et à en revenir vivant. Mandaté par la Société de géographie de Paris, il arrive au Sénégal en 1824, à l'âge de 25 ans, avec pour mission d'atteindre la cité légendaire et de regagner l'Europe.
Installé à Bakel, il apprend les langues, les coutumes locales et les réseaux commerciaux. Afin de préparer son expédition, il étudie l'arabe, les pratiques musulmanes et se fait passer pour un pèlerin musulman d'origine égyptienne, une stratégie qui lui permet de traverser des régions alors fermées aux Européens. Il voyage avec des caravanes et utilise des embarcations locales.
En 1827, il quitte le Rio Nuñez, traverse le Fouta-Djalon, passe par Djenné et atteint Tombouctou le 20 avril 1828. Après un court séjour, il rejoint une caravane qui traverse le Sahara jusqu'au Maroc, avant de rentrer en France, devenant le premier Européen à accomplir cet itinéraire et à revenir vivant.
À son retour, il reçoit la médaille d'or de la Société de géographie de Paris pour avoir rapporté le premier récit jugé crédible sur Tombouctou. Publié en 1830, son ouvrage, Journal d'un voyage à Tombouctou et à Jenné, devient une référence sur l'Afrique de l'Ouest, malgré les doutes initiaux de certains contemporains.
René Caillié meurt en 1838 à La Gripperie-Saint-Symphorien, en France.
Premier Européen à revenir vivant de Tombouctou, René Caillié a levé une partie du mystère entourant cette ville légendaire et enrichi durablement les connaissances européennes sur l'Afrique de l'Ouest.
5. Richard Francis Burton (1821-1890)

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Né le 19 mars 1821 à Torquay, dans le comté du Devon, au Royaume-Uni, Richard Francis Burton est un explorateur, écrivain, traducteur, diplomate et orientaliste britannique. Après avoir servi dans l'armée de la Compagnie britannique des Indes orientales, où il acquiert une solide connaissance des langues et des cultures d'Asie du Sud, il se consacre à l'exploration et arrive en Afrique en 1856.
Déjà célèbre pour son pèlerinage à La Mecque et à Médine, accompli déguisé en musulman, Burton est mandaté par la Royal Geographical Society pour explorer l'Afrique orientale et rechercher les sources du Nil. Aux côtés de John Hanning Speke, il mène plusieurs expéditions dans la région des Grands Lacs et contribue à la découverte européenne du lac Tanganyika.
Au fil de ses voyages, Burton publie de nombreux récits, études ethnographiques et ouvrages consacrés aux langues et aux cultures qu'il observe. Il acquiert également une renommée mondiale grâce à ses traductions anglaises des Mille et Une Nuits et du Kama Sutra, saluées pour leur érudition mais controversées à l'époque en raison de leur contenu jugé audacieux.
Richard Burton meurt en 1890 à Trieste, en Italie. Après son décès, son épouse Isabel Burton détruit une grande partie de ses manuscrits.
Explorateur et polyglotte hors pair, Richard Francis Burton a enrichi les connaissances européennes sur l'Afrique orientale et les Grands Lacs, tout en laissant une œuvre littéraire et ethnographique qui fait encore référence.
6. John Hanning Speke (1827-1864)

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Né le 4 mai 1827 à Orleigh Court, dans le comté de Devon (Angleterre), John Hanning Speke est un officier de l'armée britannique des Indes devenu explorateur. Après avoir participé aux campagnes du Pendjab, il profite de ses congés pour explorer l'Himalaya et certaines régions du Tibet.
Mandaté par la Royal Geographical Society, il rejoint l'Afrique orientale en 1854. Aux côtés de Richard Francis Burton, il participe d'abord à une expédition en Somalie, avant d'explorer l'intérieur du continent à la recherche des Grands Lacs et des sources du Nil.
En 1858, Speke atteint le lac Victoria et avance l'hypothèse qu'il constitue la principale source du Nil. Malgré la maladie, les blessures et de nombreuses difficultés logistiques, il poursuit ses recherches avec James Augustus Grant lors d'une seconde expédition (1860-1863). Ensemble, ils suivent le cours du fleuve jusqu'à son écoulement du lac, aux chutes alors appelées Ripon Falls, renforçant ainsi sa théorie.
Les expéditions de Speke ont profondément marqué la géographie du XIXᵉ siècle et enrichi les connaissances européennes sur l'Afrique orientale. Son identification du lac Victoria comme principale source du Nil a suscité un vif débat scientifique avant d'être largement confirmée par les explorations ultérieures.
John Hanning Speke meurt le 15 septembre 1864 à Neston Park, dans le Wiltshire (Angleterre), à l'âge de 37 ans, à la suite d'un accident de chasse.
John Hanning Speke est resté dans l'histoire pour avoir identifié le lac Victoria comme la principale source du Nil, une découverte majeure qui a marqué l'exploration de l'Afrique orientale.
7. Pierre Savorgnan de Brazza (1852-1905)

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Né le 26 janvier 1852 à Rome, dans les États pontificaux, Pierre Savorgnan de Brazza est un explorateur, officier de marine et administrateur colonial. Naturalisé français en 1874, il est mandaté par le Gouvernement français pour explorer le bassin du Congo et conclure des traités avec les chefs locaux.
Il arrive en Afrique en 1875 et remonte le fleuve Ogooué depuis le Gabon. Jusqu'en 1878, il explore des régions encore peu connues des Européens. Lors d'une seconde mission, menée de 1879 à 1882, il atteint le fleuve Congo et signe un traité avec le roi Makoko, souverain des Tékés, plaçant son royaume sous protectorat français. Cet accord permet à la France d'étendre son influence sur la rive droite du Congo.
Le 3 octobre 1880, il fonde Brazzaville près du village téké de Mfoa, devançant ainsi les initiatives de Henry Morton Stanley dans un contexte de rivalité entre les puissances européennes. Réputé pour privilégier la négociation aux expéditions militaires, Brazza devient l'une des principales figures de l'expansion coloniale française en Afrique centrale.
Nommé en 1886 commissaire général du Congo français, il participe à l'organisation de la colonie et supervise les explorations de l'Oubangui, du Chari et du bassin du lac Tchad, contribuant à la formation de la future Afrique-Équatoriale française.
Rappelé en 1905 pour enquêter sur les abus commis par certaines compagnies concessionnaires, il dénonce dans un rapport les pratiques de travail forcé et les mauvais traitements infligés aux populations africaines. Il meurt la même année à Dakar, lors de son voyage de retour vers la France, après plus de vingt ans passés en Afrique. Sa dépouille sera successivement transférée à Paris, puis à Alger, avant d'être rapatriée à Brazzaville en 2006.
Pierre Savorgnan de Brazza a joué un rôle déterminant dans l'implantation de la France en Afrique centrale. Connu pour sa politique de négociation avec les chefs locaux, il est aussi l'auteur d'un rapport dénonçant les abus coloniaux commis contre les populations africaines.
8. Heinrich Barth (1821-1865)

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Né le 16 février 1821 à Hambourg, Heinrich Barth est un explorateur, géographe, historien et linguiste allemand, considéré comme l'un des plus grands spécialistes de l'Afrique saharienne au XIXᵉ siècle.
Entre 1845 et 1847, il parcourt plusieurs régions du bassin méditerranéen pour étudier les langues, les civilisations antiques et les sociétés locales. En 1849, il rejoint une expédition financée par le Gouvernement britannique afin d'explorer le Sahara et le Soudan central.
Après la mort de ses compagnons James Richardson et Adolf Overweg, Barth poursuit seul l'expédition. Jusqu'en 1855, il traverse le Sahara, la région du lac Tchad, les États haoussas et Tombouctou, rapportant une documentation exceptionnelle sur les peuples, les royaumes et les routes commerciales d'Afrique intérieure.
Ses travaux enrichissent considérablement les connaissances géographiques, historiques et linguistiques de l'époque. Il publie entre 1857 et 1858 son œuvre majeure, Travels and Discoveries in North and Central Africa, en cinq volumes, devenue une référence incontournable sur l'Afrique saharienne et soudanaise.
Nommé professeur de géographie à l'Université de Berlin en 1863, Heinrich Barth meurt dans cette ville le 25 novembre 1865, à l'âge de 44 ans.
Heinrich Barth a laissé l'une des documentations les plus complètes sur le Sahara et le Soudan central au XIXᵉ siècle. Ses observations sur les peuples, les royaumes et les routes commerciales de l'Afrique intérieure font encore référence aujourd'hui.
9. Samuel White Baker (1821-1893)

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Né le 8 juin 1821 à Londres, Samuel White Baker est un explorateur, officier, naturaliste et écrivain britannique. Mandaté par le Khédive d'Égypte et soutenu par la Royal Geographical Society, il se rend en Afrique pour approfondir les connaissances sur les sources du Nil et participer à la lutte contre la traite des esclaves en Afrique équatoriale.
En 1864, après avoir rencontré les explorateurs John Hanning Speke et James Augustus Grant, il poursuit ses propres recherches et atteint le lac Albert. Il démontre que le Nil Blanc traverse ce vaste lac, apportant une contribution majeure à la compréhension du réseau hydrographique du Nil.
En 1869, le khédive Ismaïl le nomme gouverneur général de la région d'Équatoria et lui confie une expédition chargée de combattre la traite des esclaves tout en étendant l'administration égyptienne vers le sud. Malgré des moyens limités, Baker fait face aux réseaux esclavagistes et aux résistances locales.
De retour en Europe après une dizaine d'années passées en Afrique, il publie plusieurs récits de voyage, dont The Albert N'Yanza, The Nile Tributaries of Abyssinia, Ismailia et In the Heart of Africa. Mêlant descriptions géographiques, observations naturalistes et récits d'expédition, ces ouvrages deviennent des références pour le public européen de l'époque.
Samuel White Baker meurt le 30 décembre 1893 à Sandford Orleigh, en Angleterre.
Samuel White Baker a contribué à élucider le cours du Nil en mettant en évidence le rôle du lac Albert. Ses explorations et ses récits ont enrichi la connaissance de l'Afrique orientale au XIXᵉ siècle.
10. Alexandre de Serpa Pinto (1846-1900)

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Né le 20 avril 1846 dans le district de Viseu, au Portugal, Alexandre de Serpa Pinto est un militaire, explorateur et administrateur colonial portugais. Mandaté par le gouvernement portugais, il arrive en 1869 au Mozambique pour explorer l'intérieur de l'Afrique australe et consolider les ambitions territoriales du Portugal.
De 1877 à 1879, il mène sa plus célèbre expédition. Parti de Benguela, en Angola, avec Hermenegildo Capelo et Roberto Ivens, il poursuit seul une grande partie du parcours, traversant les bassins du Congo et du Zambèze avant d'atteindre Pretoria, en Afrique du Sud. Ce voyage enrichit considérablement les connaissances géographiques européennes sur l'Afrique australe.
En 1881, il publie Comment j'ai traversé l'Afrique (Como Eu Atravessei a África), un récit détaillé de son expédition qui connaît un large succès international. La même année, la Royal Geographical Society lui décerne la Founder's Medal en reconnaissance de ses contributions à l'exploration.
Ses expéditions entre l'Angola, le Mozambique et le Malawi renforcent les revendications territoriales du Portugal durant la "course au partage de l'Afrique". Cette politique provoque des tensions avec le Royaume-Uni, qui adresse un ultimatum au Portugal en 1890.
De retour dans son pays après une quinzaine d'années passées en Afrique, Serpa Pinto poursuit une carrière administrative avant de mourir à Lisbonne le 28 décembre 1900.
Alexandre de Serpa Pinto est l'un des principaux explorateurs portugais de l'Afrique australe. Ses expéditions ont enrichi la cartographie de la région tout en servant les ambitions coloniales du Portugal à la fin du XIXᵉ siècle.
Les exploits de ces 10 explorateurs ont profondément transformé la connaissance européenne de l'Afrique.
En cartographiant des fleuves, des lacs, des déserts et des royaumes, ils ont contribué à faire progresser la géographie, l'histoire, l'ethnographie et les sciences naturelles.
Cependant, leurs expéditions ne peuvent être dissociées du contexte de la "course au partage de l'Afrique" qui a marqué le XIXᵉ siècle. Si certains poursuivaient des objectifs scientifiques, religieux ou humanitaires, leurs travaux ont souvent facilité l'expansion coloniale des puissances européennes.
Il faut tout de même rappeler le rôle essentiel des guides, interprètes, porteurs et souverains africains, dont les connaissances et le soutien ont largement contribué au succès de ces explorateurs.
























